FESTIVAL NATIONAL DE LA MUSIQUE ANDALOUSE SANAÂ


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LE MOT DE LA COMMISSAIRE

Institutionnalisé il y a près de 12 ans, le festival national de la musique andalouse Sanaâ présente ce printemps 2018, sa dixième édition.

Peut-on, à l’instar de ce qui se dit lorsqu’un artiste du monde musical produit son 10ème album, parler de « l’édition de la maturité » ?...Nous l’espérons, car durant toutes les éditions précédentes, le comité d’organisation a eu à cœur de promouvoir la musique andalouse dite de l'école d'Alger ou « Sanaâ » et de mettre à l’honneur les différents maîtres de de ce style musical classique en rendant hommage à leur œuvre de « porteurs » du patrimoine national musical.

Il est évident que de nombreux « chouyoukh » restent encore à honorer, mais nous avons espoir de pouvoir un jour leur rendre tous justice et mettre en exergue non seulement leurs œuvres, mais également leurs actions de sauvegarde et de transmission de ce patrimoine inestimable aux générations plus jeunes. Sauvegarder, protéger et faire connaitre ce riche patrimoine musical ont toujours été les objectifs, les buts qu’ils sont nombreux à s’être fixés. Ils ont d’ailleurs fait plus que cela, puisque certains parmi eux ont tenu à tisser des liens entre les trois grands styles algériens de musique andalouse que sont le " Gharnati ", le " Malouf " et " Sanaâ ".

En effet, bien que traditionnellement classée en trois écoles, la musique andalouse algérienne, n’a pas cloisonné de manière rigide les trois genres schématiquement repartis entre l’Ouest, le centre et l’est du pays ; Ces trois écoles se sont souvent nourries l’une, l’autre des particularités des écoles voisines tout en gardant leur composition mélodique et leur structure rythmique propre.

C’est justement à l’un des artisans de ces « apports enrichissants » que la dixième édition du festival Sanaâ a décidé de s’intéresser.

C’est, sans conteste, l’un des pionniers de cette « interpénétration », de ce mélange des genres. Il s’agit du Maître Mohammed BENTEFFAHI.

Natif d’Alger (1870), c’est auprès du cheikh Mohammed SFINDJA, maitre incontestable et incontesté de la musique Sanaâ du 19ème siècle que Benteffahi, par un travail acharné, a développé son talent de musicien et ses qualités de perfectionniste. Il a joué un rôle primordial dans la prise en charge de l’action de sauvegarde du patrimoine musical algérien ,non seulement en transmettant à ses disciples le répertoire laissé par Sfindja et publié seulement six ans avant la disparition de ce dernier , mais encore en menant une action « patriote » dans l’affirmation de l’identité culturelle algérienne à travers sa musique. En effet, en 1930, lors de la célébration du centenaire de la colonisation française en Algérie, et en réaction à la politique d’acculturation menée par la France, ses élèves (Mahiédine Lakehal, Aberrezak Fekhardji) et lui-même décidèrent de fonder la première association musicale « El Djazairia ». Benteffahi en est le premier président, et c’est au sein de cette association qu’il va impulser à l’école « Sanaâ », le dynamisme, l’énergie et le rayonnement que vont propager, après lui, les maitres qu’il a lui-même formés, tels que Lakehal, Fekhardji et Bensemmane.

Ils vont donc continuer son œuvre de formation et de transmission auprès d’autres illustres noms de la musique Sanaâ, tels que Sadek el bedjoui, skandrani, Dahmene Benachour et Ahmed Serri, entre autres, qui à leur tour, créèrent des associations musicales, véritables écoles du genre " sanaâ ".

associations musicales de l’école d’Alger, qu’il a permis par son œuvre de transmission de ce style, d’impulser la dynamique et de mettre en place les valeurs de conservation du répertoire traditionnel de l’école d’Alger. Traditions qui, à ce jour, sont encore suivies et respectées par toutes les associations musicales du style Sanaâ qui ont essaimé dans les villes du centre du pays, mais également à l’Ouest (Mostaganem) et à l’Est (Bejaia).

Se trouvant à la tête d’une longue chaine de transmission des savoirs hérités du Cheikh Mohamed Sfindja, Benteffahi fut donc le maillon essentiel grâce auquel la jonction a pu être réalisée entre la musique andalouse algérienne du 19ème et celle du 20ème siècle.

En outre, lors des nombreux séjours à Tlemcen où il rendait visite à sa fille, sa notoriété l’ayant déjà précédé dans cette ville, il est souvent sollicité par les maitres du « gharnati » tels que Cheikh Larbi Bensari, ses frères et Redouane Bensari, son fils. La présence de Benteffahi à Tlemcen pendant de longs mois a permis à ces derniers d’enrichir leur répertoire par de nombreuses pièces musicales qu’ils ne connaissaient pas et que Benteffahi leur a généreusement fait découvrir… De même, il est fort probable que la musique Sanaâ a pu, elle aussi gagner quelques morceaux gharnati lors de ces contacts et que le maitre a enseigné à ses disciples de l’école d’Alger.

Ces échanges, ses interpénétrations se sont perpétués après lui, à travers les enseignements et les déplacements effectués par des chouyoukh de l’école d’Alger plus près de notre époque, tels que Bensemmane, skandrani, Benachour, Belhocine ou Serri.

Ce double héritage transmis par Benteffahi de l’école Sanaâ, a permis à cette dernière d’étendre son influence musicale au-delà des villes du centre du pays telles que Blida, Koléa,Cherchel, Médéa, Miliana pour gagner des villes de l’ouest comme Mostaganem et de l’Est comme Bejaia

Le festival National de musique Sanaâ a donc fort à faire pour rendre justice à tous ces maitres qui ont porté haut et fort ce style musical, c’est la raison pour laquelle le comité a décidé de marquer le dixième anniversaire de la naissance de ce festival en rendant hommage à quatre grandes figures de la musique Sanaâ , et non pas à une seule comme le voulait la tradition jusque-là.

En effet, en plus du grand cheikh Mohammed Benteffahi, il sera également rendu hommage à trois de ses dignes héritiers.

Mustapha Bahar dit Hassar (1917 - 2017). Décédé centenaire en 2017, cheikh Mustapha Bahar était un virtuose dans le jeu de la mandoline. Doté d’une prodigieuse mémoire, ce grand musicien (membre pendant plus de 35 ans de l’orchestre traditionnel de la radio et de la télévision) a contribué à la classification des modes et des noubâtes de la Sanaâ d’Alger.

Cheikh Farid Oujdi (1931 -2001) cet enfant de la Casbah d’Alger était l’élève du célèbre mandoliniste Labrati Sassi. Cheikh Farid Oujdi, de son vrai nom Nador Lounes pratiquait de la sanaâ d’Alger tout aussi bien que le « hawzi » dont il était l’un des maitres absolus.

Cheikh El Hadj Mustapha Benguergoura (1951–2015) était Interprète, encadreur et formateur au sein de l’association El Widadiya de Blida où officiait déjà son père avant lui .II est issu d’une illustre lignée de cheikhs de la Sanaâ à Blida. Il nous a quittés prématurément, son œuvre de transmission du patrimoine aurait pu bénéficier à de nombreux jeunes musiciens.

Avec les 4 hommages de cette 10 éme édition, le festival national de la musique Sanaâ aura mis à l’honneur, la vie et l’œuvre de 10 grands maitres de ce style andalou dit « algérois ». Bien évidemment les amoureux de la musique andalouse ,qu’elle soit du genre « Gharnati », « Malouf » ou « Sanaâ », savent qu’ils sont très nombreux ces maitres de l’andalou, à avoir consacré une bonne partie de leur existence à promouvoir, sauvegarder et surtout transmettre ce patrimoine musical qui représente l’un des éléments importants de notre identité culturelle .

Le comité d’organisation du festival se doit donc de persévérer dans cette voie afin de rendre hommage à l’ensemble des chouyoukh de la musique Sanaâ, non seulement dans le but de les remercier pour le legs inestimable déposé entre les mains de générations successives de musiciens, mais aussi et surtout pour les faire connaitre au plus large public possible et plus particulièrement aux jeunes musiciens de plus en plus concernés par notre patrimoine immatériel.


Mme Karima Bouchtout
Madame Karima Bouchtout
Commissaire du Festival
 
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